"Le monde ne cesse de faire des plis. Des plissements géologiques aux plis sur l’eau, des rides du corps aux drapés du vêtement, le pli est le mouvement même de la vie et il en est la trace". 
Nadine Vasseur, Les plis, Seuil, 2002

 

 

Mon travail explore la matière froissée, plissée, les déchirures en contact.

Le pli émerge du lisse par accident, c'est le mouvement, sa trace, un brusque changement de direction, la naissance d'un volume. Un relief se forme, déforme le sans forme et quelque chose prend forme, rythme la surface et nous plonge dans l'étrangeté de la matière.

La peau ridée du papier rencontre des surfaces lisses, glissantes, transparentes ou translucides. Elle y imprime en creux sa forme. Ce sont des négatifs de pliures, torsions, froissements. Il ne reste de la rencontre des deux surfaces que l'absence en transparence.

Traces d'un moment de fusion des surfaces, le bleu glisse et plisse d'un support à l'autre ; il infuse la mémoire de l'union éphémère.

De cette union naît un double et chacun repart avec l'empreinte de l'autre. Blanc, bleu, positif, négatif. Bleu en creux de blanc et inversement.

 

Le contact donne le relief. C'est l'événement, l'accident, la réception du poids et de la forme qui s'imprime durablement sur la peau de papier. Des bribes de l'autre se tissent sur la surface lisse. Matière et temps s'actualisent, se concrétisent, se « concrétionnisent ».

 

e l i s a b e t h    c e l l e 

                l'effeuille temps   et autres travaux

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