Elice aux pays du sommeil

1 Dans la meute de charbon

Cette nuit, Elice s'est sommeillée

sur un tas de gravier.

Coloré, le tas de gravier.


Elle a sauté de plein pied dans l'image. Sans même y penser.

Il n'y avait là ni avant ni après.

Juste ce qui est. Une intrigante simplicité. Des choses se faisaient.

Sans même y penser.

Par nécessité. Escalader, descendre, monter, marcher, se reposer.

Rien à faire, rien à produire.

Des choses se faisaient.

Sans même y penser.

Elle était seule, de toute ses elles. Solitaire sans solitude.

Soli taire sans mots, sans échos.

Seule en terre. Sans peur. Dans le silence, le souffle, le sang, les organes, le rythme dehors dedans.


Il lui semblait qu'une énergie irradiait

de ce qu'elle faisait

et lui revenait. Elle se déversait

entre les pierres, coulait

dans les fissures, irriguant le sol nu.

Puis elle récoltait au creux des mains le liquide chargé et se remplissait d'un elle-même enrichi, coloré, minéralisé.

Paysage : Atelier de Ridha Dhib, dans la meute de charbon.

2  Au ras des coulures

Derrière les paupières, le noir clignote en confettis. Elice plonge en piqué

dans un bleu outremer.


Puits, tunnel, tornade, vortex. Avalée, engloutie par le gris souris d'un boyau infini. Balader, bringuebaler, tête à cul par dessus. Acculée au tournis coloré.
Trou noir à ressortir en pluie de l'autre côté de la vie d'ici.

Crachée sans crash sur la toile cosmique... Odeur de térébenthine, de charbon, de gravier. Surtout garder l'appui et courir, courir, courir...

juste pour le plaisir de courir, courir, courir.

A perdre sa peine. A mouiller sa laine. De sueur rosé, sensuel suaire imprimé sur les tissus fripés de tant de traversées. De trop versées.

Déversées versatiles inutiles décalées.


Dégorger les années étriquées de l'enfance serrée. Renverser, inverser,

les nerfs, les trajets. De l'autre côté. Faire remonter le flux, l'énergie, la matière.


Découvrir sans parapluie, ombrelle, chapeau, porte manteau, balai. Tête nue cerveau frais. Toute coulurisée, arc-en-cielisée. Hélicée à voler quelques cm

au dessus de l'emmêlée, du méli-mélo mélodramatisée de ce qui aurait pu, aurait dû et autres vieux chameaux.


Pour enfin respirer les couleurs de plein pied et boire au vrombissement

du vivant.

Paysage : Atelier de Ridha Dhib, matière rhizomée.

3  Et derrière...

Et derrière
au bout
après

lorsque sèche chercher

derrière, au bout, après

face à la langue blanche
des amants détachés
face sur face étanche
soif de dans l'autre épanche
ce qui a échappé
à toute connaissance

et cherche à détourer
juste une nudité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

récit fotomoétique en cours. 2013
 

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